CAC 40 : des milliards d’euros d’actions rachetées et détruites, c’est toujours ça que les salariés ne toucheront pas…

Les seules entreprises du CAC 40 ont consacré 34,8 milliards d’euros aux rachats et destruction d’actions en 2025, nous apprend la lettre Vernimmem parue ce week-end, près de la moitié des dividendes versés. Soit 107,6 milliards au total. Un nouveau record après celui de 2024.

La lettre Vernimmem et son fameux calcul des versements aux actionnaires des entreprises du CAC 40 ont été publiés ce week-end. Ainsi en 2025, si les dividendes versés sont dans la continuité de l’année précédente (72,8 milliards d’euros) les rachats d’actions ont bondi de 30 % sur un an, à 34,8 milliards d’euros, un niveau encore jamais atteint en France.

Cette pratique consiste à racheter des parts pour les détruire (le plus souvent, sinon elles peuvent servir à rémunérer les cadres dirigeants) afin de faire artificiellement gonfler la valeur des titres restant, et donc le patrimoine financier des actionnaires. Si une entreprise est un gâteau et que les actions en sont les parts, détruire des titres ne change pas la taille du plat, mais chaque part devient plus grosse.

TotalEnergies, Axa, Sanofi et LVMH en tête des rachats d’actions

Cette opération est particulièrement décriée, même parmi les économistes libéraux, puisque ces milliards dépensés ne servent à rien, à part à soutenir les cours de Bourse. « Racheter ses propres actions pour les détruire envoie le signal qu’on n’a pas de projet, de vision, de perspective, qu’on arrive au bout d’un processus, qu’on profite d’une situation de rente », nous expliquait à ce sujet Vincent Drezet, fiscaliste et membre du conseil scientifique d’Attac.

La lettre Vernimmem présente les choses autrement. Les principales entreprises qui en sont adeptes (TotalEnergies Axa, Sanofi et LVMH) « génèrent par leurs résultats de nouveaux capitaux propres importants, que leur faible croissance rend inutiles. Il est plus sain de les reverser à leurs actionnaires, plutôt que de les gaspiller en surinvestissements ou en placements oisifs de trésorerie, » avancent ses auteurs. Pas sûr que les salariés partagent cet avis, en particulier ceux de la branche spiritueux de LVMH (2,07 milliards de rachat d’action et 6,5 milliards de dividendes) qui se sont vu privés de participation et de prime de fin d’année.

L’opération est tout aussi avantageuse pour les actionnaires qui voient leurs actions rachetées, puisqu’à partir de deux années de détentions, les plus-values réalisées, si elles sont détenues par des holdings, trust ou autre personne morale, sont exonérées de tout impôt.

Les patrons du CAC 40 aussi trouvent leur compte dans les rachats d’actions. Oxfam a calculé que plus de 67 % de la rémunération des dirigeants du CAC 40 était basée sur l’atteinte d’objectifs financiers à court terme, à commencer par la « performance » des titres, soutenue par la pratique. Ainsi plus les actionnaires sont contents, plus les bonus des patrons explosent.

Source : https://www.humanite.fr/social-et-economie/cac-40/cac-40-en-2025-les-rachats-dactions-atteignent-des-records-au-detriment-des-salaries