Année blanche, 100 000 fonctionnaires en moins : Attal présente un programme de guerre sociale pour 2027

Avec son projet de gel des prestations sociales, de suppression de 100 000 postes de fonctionnaires et de nouvelles exonérations pour les entreprises, Gabriel Attal assume un programme d’offensive austéritaire dans la strict continuité des politiques menées par la macronie.

Un projet d’austérité XXL

À peine lancé dans la course à la présidentielle, Gabriel Attal dévoile déjà la couleur de son projet au service des classes dominantes. Derrière des formules sur le « sérieux budgétaire » et la « responsabilité », l’ancien Premier ministre présente un programme profondément austéritaire. Objectif affiché : ramener le déficit public à 0 % d’ici 2037, soit entre 120 et 150 milliards d’euros d’économies sur la période. Au programme : attaques contre les prestations sociales, suppression de postes dans la fonction publique et nouveaux cadeaux au patronat. Gabriel Attal entend ainsi se présenter comme le champion du MEDEF pour cette élection présidentielle et prendre ainsi le relais de la politique d’Emmanuel Macron.

Première mesure phare : une « année blanche » dès le budget 2028. Les allocations familiales, les aides au logement, le RSA ou encore les pensions de retraite – à l’exception des plus modestes – cesseraient d’être revalorisées. Concrètement, cela signifierait un gel des prestations sociales, alors même que l’inflation continue d’éroder le pouvoir d’achat des travailleurs.

Les ennemies numéro un d’Attal, ce sont les prestations sociales, comme il le souligne lui-même : « On utilise la carte de crédit de nos enfants et petits-enfants pour financer un modèle à bout de souffle. »

Pour Attal, les dépenses sociales seraient « hors de contrôle » et « pèseraient trop sur ceux qui travaillent ». L’ancien Premier ministre annonce également vouloir mettre sur la table une nouvelle réforme des retraites et appliquer la réforme de l’assurance chômage qu’il avait préparée à Matignon, avec cinq milliards d’euros d’économies à la clé. Il promet aussi d’en finir avec la prétendue « spirale infernale des arrêts maladie » dans la continuité du flicage des arrêts maladies renforcé par le gouvernement.

Mais pas d’inquiétude : « Il ne s’agit pas d’austérité, mais d’être rigoureux et sérieux. » souligne l’ancien ministre. Une vieille rengaine libérale qui oppose artificiellement les salariés aux chômeurs, retraités ou allocataires de minimas sociaux, tout en passant sous silence les centaines de milliards d’euros d’aides publiques accordées chaque année au patronat.

100 000 postes de fonctionnaires attaqués, le patronat épargné

Autre annonce présentée par l’ancien Premier ministre : la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires, principalement par le non-remplacement des départs à la retraite et par un plan de départs volontaires. Pour justifier cette nouvelle cure d’amaigrissement de l’État, Attal invoque la « révolution de l’intelligence artificielle » qui permettrait selon lui de « faire mieux avec moins ».

Une méthode déjà largement expérimentée dans différents services comme les hôpitaux avec un résultat criant : moins de personnels, davantage de charge de travail pour ceux qui restent et une dégradation continue du service rendu aux usagers.

Mais, dans cette course aux économies, les cadeaux au patronat sont largement protégés par le programme d’Attal. En effet, pour atteindre les 120 à 150 milliards d’euros d’économies promises, Attal ne compte pas toucher aux cadeaux fiscaux accordés aux entreprises. Bien au contraire, il promet de supprimer la surtaxe sur les grandes sociétés décidée après la dissolution et évoque même une nouvelle baisse des impôts de production.

Autrement dit, Attal veut faire payer la crise aux travailleurs, aux retraités, aux chômeurs et aux fonctionnaires, tandis que le patronat continuerait de bénéficier d’allégements fiscaux et d’exonérations de cotisations sociales.

La droite se dispute sur le rythme de l’austérité

Au fond, si les propositions de Gabriel Attal sont particulièrement draconiennes, elles ne marquent aucune rupture avec celles d’Édouard Philippe, de Jordan Bardella, de Bruno Retailleau ou avec les politiques imposées depuis des décennies en France. Tous les candidats rivalisent pour apparaître comme les meilleurs gestionnaires des intérêts de la bourgeoisie, chacun proposant sa propre feuille de route pour réduire les dépenses publiques, flexibiliser davantage le travail et poursuivre le démantèlement des services publics.

La seule différence réside dans le calendrier ou dans la méthode. Sur le fond, l’objectif est identique : faire payer aux travailleurs les déficits publics tout en préservant les profits des grandes entreprises et des plus riches.

Dans un contexte où les licenciements se multiplient, où les salaires stagnent, où l’inflation pèse sur le pouvoir d’achat et où les services publics continuent de se dégrader, les annonces d’Attal ne sont que la poursuite des logiques austéritaires imposées par la macronie et les gouvernements successifs. Récemment, Sébastien Lecornu a rencontré une cinquantaine de membres du MEDEF pour préparer les nouvelles offensives austéritaires du budget 2027 : toujours plus d’attaques contre les services publics, davantage de dépenses militaires et de nouvelles aides au patronat.

Les classes dominantes comptent sur les élections présidentielles et législatives pour refermer la crise d’ingouvernabilité qui secoue la France depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 et ainsi approfondir les contre-réformes austéritaires pour faire payer la crise aux travailleurs. Face à cette offensive, aucune alternance institutionnelle ne constituera une réponse : seule la construction d’un mouvement social d’ampleur, porté par les travailleurs et la jeunesse, à l’image du mouvement Bloquons Tout contre le budget 2026 pourra imposer un rapport de force capable d’enrayer cette nouvelle séquence austéritaire.

Source : : https://www.revolutionpermanente.fr/Annee-blanche-100-000-fonctionnaires-en-moins-Attal-presente-un-programme-de-guerre-sociale-pour