Lentement mais sûrement, le chômage continue d’augmenter en France
Même si le gouvernement tente de relativiser, le retournement du marché du travail se confirme avec un sixième trimestre consécutif de hausse du nombre de chômeurs. L’objectif du plein-emploi s’éloigne encore.
La perspective du plein-emploi s’éloigne un peu plus. Au deuxième trimestre 2026, 62 000 personnes supplémentaires ont pointé à France Travail, selon l’Insee1. De quoi faire grimper le taux de chômage de 0,2 point, à 8,3 % de la population active – son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2019, hors période Covid.
Une hausse aussi modeste sur un seul trimestre n’a rien d’une explosion. Cela n’a pas échappé au ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, qui s’est empressé de relativiser la nouvelle dans un communiqué : « Malgré un contexte économique difficile, le marché du travail français résiste », s’est-il même félicité.
Et le ministre de pointer l’effet mécanique lié à la loi pour le plein-emploi, qui oblige depuis début 2025 les allocataires du RSA à s’inscrire auprès de France Travail. Selon l’Insee, cette bascule administrative explique à elle seule 40 % de la progression du chômage.
Attention, toutefois, à ne pas trop forcer sur l’optimisme. Aussi limitée soit-elle, cette progression s’inscrit dans une trajectoire limpide : c’est le sixième trimestre consécutif de hausse. Sur un an, l’indicateur gagne 0,7 point ; sur dix-huit mois, un point entier de plus. Une évolution qui, elle, est bel et bien significative.
Le rebond du chômage se confirme en France

Source : Insee
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Signe plus préoccupant encore, le chômage progresse dans toutes les classes d’âge, et pas seulement chez les jeunes − pourtant plus exposés aux à-coups conjoncturels. Le constat vaut sur un trimestre, mais aussi sur un an : + 2,5 points parmi les 15-24 ans, + 0,5 point parmi les 25-49 ans et + 0,7 point parmi les 50 ans ou plus.
Autre mauvais présage, le chômage de longue durée continue de grimper : 671 000 personnes cherchent un emploi depuis au moins un an, soit 116 000 de plus qu’il y a douze mois. On reste encore loin du pic enregistré début 2016, où elles étaient près d’un million, mais la tendance est clairement orientée à la hausse depuis un peu plus d’un an.
Les créations d’emploi au ralenti
Même le taux d’emploi, qui avait pourtant atteint un niveau historiquement élevé, commence à fléchir. La part de la population en emploi parmi les personnes en âge de travailler est ainsi passée de 69,5 % il y a un an à 69 % au deuxième trimestre 2026.
Le taux d’activité, lui, reste quasi stable, avec une légère baisse de 0,1 point sur le trimestre. C’est donc bien du côté d’un ralentissement des créations d’emploi qu’il faut chercher l’explication de cette dérive du chômage.
Une autre publication de l’Insee2 le confirme : au deuxième trimestre 2026, l’emploi salarié privé a légèrement diminué. La machine à créer des emplois de l’après-Covid semble bel et bien grippée. Ce diagnostic devrait davantage inquiéter le locataire de la rue de Grenelle que le communiqué de son ministre ne le laisse entendre.


