France Travail et LinkedIn : quand le partenariat suscite la colère des syndicats !

France Travail a récemment lancé un partenariat avec LinkedIn qui ne passe pas inaperçu, et pour cause. Les syndicats, notamment la CGT et la FSU, ne cachent pas leur colère face à cette collaboration jugée “contre nature”. Cette alliance, censée améliorer l’efficacité du recrutement, soulève des préoccupations majeures en matière de sécurité des données et de conflits d’intérêts. Le projet pilote, actuellement en cours dans cinq départements, fait déjà grincer des dents.

La direction de France Travail assure que ce partenariat vise à répondre à des enjeux de taille : améliorer le taux de pourvoi des offres d’emploi et augmenter le recours à l’opérateur public. Cependant, pour les syndicats, cette initiative semble en contradiction avec les missions premières de France Travail. Les critiques fusent, et la défiance est palpable.

Une question de sécurité des données

La sécurité des données est au cœur des préoccupations des syndicats. LinkedIn a déjà été sanctionné en Europe pour des manquements au RGPD, ce qui ne rassure guère les acteurs de France Travail. Les agents, obligés de créer un compte personnel sur la plateforme, se retrouvent exposés à des risques accrus de piratage. Et ce n’est pas tout : les données des demandeurs d’emploi pourraient également être compromises.

L’utilisation des comptes personnels pour interagir sur LinkedIn est un autre point de discorde. Les syndicats craignent que cette pratique n’entraîne une confusion entre vie professionnelle et vie privée, avec des conséquences potentiellement désastreuses. Malgré les assurances de la direction, la méfiance reste de mise. Officiellement, France Travail affirme qu’aucune donnée sensible n’est partagée avec LinkedIn. Seules les coordonnées des agents ont été communiquées. Pourtant, cette garantie n’apaise pas les inquiétudes. Les syndicats redoutent un détournement possible des informations personnelles, ce qui pourrait fragiliser encore davantage la confiance envers l’opérateur public.

Les précédents de LinkedIn en matière de gestion des données ne plaident pas en sa faveur. Les syndicalistes se demandent si ce partenariat ne pourrait pas déboucher sur une exploitation commerciale des données des utilisateurs, une perspective qui va à l’encontre des valeurs de service public défendues par France Travail.

Conflits d’intérêts potentiels

Le partenariat entre France Travail et LinkedIn est également critiqué pour ses possibles conflits d’intérêts. Récemment, un ancien cadre dirigeant de LinkedIn a été recruté à un poste stratégique chez France Travail, ce qui alimente les soupçons. Pour les syndicats, ce rapprochement soulève des questions éthiques et remet en cause l’indépendance de l’opérateur public.

Les invitations croisées entre les deux organisations et la proximité jugée excessive renforcent les doutes. Les agents s’interrogent sur l’étanchéité des dossiers et craignent que cette alliance ne serve avant tout des intérêts privés, au détriment des missions de service public.

Les syndicats redoutent également que ce partenariat ne modifie la gouvernance de France Travail. Ils craignent une influence croissante de LinkedIn dans les décisions stratégiques, ce qui pourrait nuire à la mission première de l’opérateur : aider les demandeurs d’emploi de manière équitable et transparente.

Pour les syndicats, ce partenariat pourrait devenir un cheval de Troie permettant à des intérêts privés de s’immiscer dans les affaires publiques. Une situation qu’ils jugent inacceptable et qui mérite d’être dénoncée haut et fort.

Des enjeux de recrutement revus

Officiellement, le partenariat avec LinkedIn vise à améliorer l’efficacité du recrutement. L’objectif est de permettre aux agents de France Travail d’identifier de nouveaux employeurs et de consulter les offres d’emploi disponibles sur le réseau social. Une ambition louable, mais qui suscite des interrogations.

Pour les syndicats, cette collaboration risque de dénaturer les missions des agents. Jusqu’où ces derniers devront-ils aller pour satisfaire les exigences de LinkedIn ? La question se pose, d’autant plus que l’utilisation de la plateforme implique une adaptation à des outils et des méthodes qui ne font pas partie de la culture de France Travail.

Les agents de France Travail pourraient se retrouver en concurrence directe avec des recruteurs privés, une situation difficile à gérer. Les syndicats s’inquiètent de voir leurs missions se transformer en une simple course à la performance, au détriment de l’accompagnement des demandeurs d’emploi.

L’expérimentation en cours prévoit l’utilisation d’une licence spécifique de LinkedIn par 500 conseillers volontaires. Mais pour les syndicats, cet outil risque de devenir une contrainte supplémentaire, éloignant les agents de leur rôle de conseil et d’accompagnement.

Une alliance jugée “contre nature”

Pour les syndicats, ce partenariat est tout bonnement “contre nature”. France Travail, en tant qu’opérateur public, devrait se concentrer sur des solutions internes plutôt que de recourir à des partenariats avec des entreprises privées. Ils estiment que cette démarche va à l’encontre des principes de neutralité et d’égalité d’accès à l’emploi.

La collaboration avec une plateforme comme LinkedIn, perçue comme un acteur commercial, est perçue comme une intrusion du privé dans le public. Les syndicats craignent que ce partenariat n’ouvre la voie à une marchandisation des services de l’emploi, une perspective qu’ils rejettent catégoriquement.

Les critiques ne s’arrêtent pas là. Les syndicats dénoncent également un manque de transparence dans la mise en place de ce partenariat. Ils reprochent à la direction d’avoir imposé cette collaboration sans consultation préalable des instances représentatives du personnel.

Face à ces critiques, la direction de France Travail se veut rassurante. Elle promet une discussion plus formelle avant toute généralisation du dispositif. Mais pour les syndicats, ces garanties arrivent trop tard. La confiance est entamée, et la colère ne faiblit pas.

Conséquences sur le terrain

Sur le terrain, le partenariat avec LinkedIn commence déjà à montrer ses effets. Les agents de France Travail, confrontés à de nouvelles méthodes de travail, se retrouvent souvent démunis. Les syndicats rapportent une augmentation des tensions internes, les agents étant partagés entre leur devoir et les nouvelles exigences imposées par ce partenariat.

Les demandeurs d’emploi, eux, s’interrogent sur la pertinence de ce nouvel outil. Beaucoup craignent que leur profil ne soit réduit à une simple ligne de données, déshumanisant ainsi le processus de recherche d’emploi. Les syndicats redoutent que cette approche ne finisse par décourager les utilisateurs les plus fragiles.

Ce partenariat pourrait également avoir des répercussions sur l’image de France Travail. En s’associant avec un acteur privé, l’opérateur public risque de perdre sa légitimité aux yeux des usagers, qui pourraient percevoir ce rapprochement comme une trahison de ses valeurs fondamentales.

Pour les syndicats, il est crucial que France Travail reste fidèle à sa mission de service public. Ils appellent à une réévaluation de ce partenariat et à une concertation plus large pour envisager des solutions respectueuses des valeurs de l’opérateur public.

Source : https://infos-it.fr/nouvelles/8349/france-travail-et-linkedin-quand-le-partenariat-suscite-la-colere-des-syndicats/