L’accès à l’emploi de la « Gen Z » se dégrade dans le monde
En 2025 dans le monde, le nombre de personnes âgées de 15 à 24 ans et n’étant ni en emploi, ni en formation, ni
en étude, a atteint 257 millions, selon l’Organisation internationale du travail
Les faits – Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), 257 millions de jeunes étaient totalement inactifs dans le monde en
En France, au deuxième trimestre 2026, 21,6% des actifs de moins de 25 ans recherchaient un emploi, en hausse de 2,5
points sur un an.
Sur tous les continents, un même constat s’impose : les jeunes peinent à accéder à l’emploi. Dans son dernier rapport,
l’Organisation internationale du Travail relève que 257 millions de personnes âgées de 18 à 24 ans ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (on les appelle les « NEET »). Cela représente un jeune sur cinq dans le monde.
Les conjoncturistes n’esquissent aucune évolution favorable du taux d’emploi de cette tranche d’âge, révélant la vulnérabilité de
la « Gen Z » face aux vents contraires soufflant sur l’économie mondiale. « Le ralentissement de la croissance économique, la
faiblesse des créations d’emplois, les tensions géopolitiques et l’accélération des changements technologiques conduisent les
pays vers une nouvelle crise de l’emploi des jeunes », s’inquiète l’OIT mercredi, soulignant une hausse simultanée, ces dernières
années, du taux de chômage (12,4%) et de la part des « NEET » (20%) parmi les jeunes.
« L’emploi des jeunes est procyclique »
Le premier des deux taux mesure les jeunes actifs en recherche d’emploi, quand le second intègre l’ensemble des 18-24 ans
sortis du système éducatif ou de formation, qu’ils soient au chômage ou inactifs. Entre 2023 et 2025, la part des jeunes au
chômage a augmenté dans 105 pays et reculé dans 58 autres, sur fond de turbulences macroéconomiques qui fragilisent, en
premier lieu, les contrats d’entrée.
« L’emploi des jeunes est procyclique. Dès qu’il y a un mouvement conjoncturel ou une anticipation de celui-ci, ce sont les jeunes qui subissent en premier lieu les effets », explique Isabelle Recotillet, docteure en économie. L’ancienne responsable d’études sur
l’insertion des jeunes au Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq) note ainsi que « lorsque la croissance
s’essouffle, on observe très vite un ralentissement de l’emploi intérimaire et des contrats d’apprentissage ».
Une interrogation persiste quant au rôle exact joué par l’IA dans cette crise de l’emploi. L’économiste Isabelle Recotillet appelle à
la prudence, rappelant que les « NEET », qui représentent près de 1,5 million de Français de 15 à 29 ans, sont « plutôt des jeunes
sans qualification, qui vont travailler dans l’hôtellerie-restauration, la construction et d’autres métiers peu impactés par l’IA ».
Colère de la « Gen Z »
S’il est encore tôt pour bien définir les facteurs décisifs des difficultés d’insertion, celles-ci s’illustrent déjà pleinement en France,
où 21,6% des actifs de moins de 25 ans recherchaient un emploi au deuxième trimestre de 2026, en hausse de 2,5 points sur un
an. Cette évolution est la plus importante observée dans l’Union européenne, où le taux moyen se stabilise autour de 14,8% selon
l’OIT. Un signal rouge occulté dans une récente publication du ministère du Travail, qui se réjouissait que la France soit « au seuil
du plein emploi pour une grande partie de la population active », en mettant en avant l’inhabituel taux d’emploi « des 28-60
ans ».
Ailleurs dans le monde, cette absence de perspectives nourrit la colère d’une « Gen Z » qui s’estime inconsidérée par les
pouvoirs publics. Les inégalités intergénérationnelles atteignent leur sommet dans le Golfe et au Maghreb, tandis qu’un jeune
diplômé sur deux est au chômage en Inde – un taux bien plus élevé qu’en Chine, qui avait toutefois cessé de publier ses
statistiques en 2023 avant de rétropédaler… et de changer sa méthodologie de calcul.
Source : L’Opinion Publié le 12 août 2026 à 18:45


